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Le Pays Basque Nord à ébullition

amat 2006/07/03 18:57

Le succès de la partie de Coupe d’Europe disputé le mois dernier, en avril, à Anoeta (Saint Sebastién), entre le Biarritz Olympique et le Bath anglais, la célébration quelques semaines plus tard, à St Pée, de la fête Herri Urrats, en faveur des ikastola sont deux événements dont l’explication va au-delà des aspects de bon voisinage. Il est évident que quelque chose bouge en Pays Basque Nord.

Il n’y a aucun doute que la consolidation de la paix de ce côté-ci se traduise comme un aiguillon majeur pour approfondir le sentiment basquiste au-delà de la Bidasoa. La disparition de la violence évacuera la méfiance à l’égard du Pays Basque Sud. En terme politique, cela s’achèvera avec l’alibi de la violence pour insister sur l’immobilisme. De plus, nous sommes dans un contexte où la crise peut ouvrir le débat sur le modèle territorial en France.

Malgré tout, les citoyens du Pays Basque Nord sont les témoins d’exception du développement social, économique, culturel, linguistique,... réalisé de ce côté-ci de la frontière depuis 25 ans. Nous sommes passés du stade où nous autres allions chercher des assiettes de cristal duralex et des lauburus clandestins au stade où ce sont eux qui viennent faire leurs achats, visiter le Guggenheim, venir voir jouer le Biarritz Olympique “à la maison”, à Anoeta, pour les éliminatoires officiels de la coupe d’Europe de rugby.

Le changement opéré va au-delà de l’esthétique. Ce n’est pas seulement le fait que les pelotaris professionnels d’Iparralde font de la compétition dans les frontons de ce côté-ci ou que leurs successeurs les voient à ETB (Basque TV). Les entreprises marchandes du Pays Basque Nord voient avec une envie non dissimulée les aides et incitations des institutions basques dans les secteurs économiques. Là-bas, ils doivent se diriger vers Paris. Et cette proximité de l’Administration Publique basque, parrallèle à l’éloignement français, vaut pour les secteurs de l’enseignement, la culture, la langue, la santé, les services sociaux, la recherche, les infrastructures ou les moyens de communication.

Voici quelques semaines, le prestigieux quotidien économique “Les Echos” (des 12 et 13 avril 2006) a offert un reportage de quatre pages sur le développement économique du Pays Basque avec un titre suffisamment évocateur, “l’Espagne : la recette du miracle basque”, suivi d’un bref préambule ou présentation : “Après avoir affronté une crise extrêmement profonde, la région autonome basque d’Euskadi a modernisé son appareil économique et renoué avec la croissance. Ce renouveau sŽappuie sur une stratégie volontariste et se nourrit dŽune forte culture identitaire. Il a été rendu possible par la liberté de décision dont bénéficient les autorités du territoire, et que le gouvernement local souhaite encore accroître, malgré lŽopposition de Madrid”.

Mais, comme pour tout, le miracle basque ne réside pas uniquement dans le changement réel connu en Pays Basque Sud, depuis 25 ans, mais aussi le changement de perception médiatique que nous autres avons du Pays Basque Nord. Voici quelques années, ceux d’entre nous qui osions parler de l’excellence de notre développement économique étions taxés d’extrêmistes et de nationalistes radicaux. Actuellement l’avenir de la Communauté Autonome d’Euskadi est présenté par la presse économique de Paris comme un modèle de référence à suivre. Tout cela suppose un changement révolutionnaire dans les schémas mentaux des citoyens du Pays basque nord. Et c’est dèjà ce qui se dit depuis Paris, dans la capitale du jacobinisme du XVIIIème et du colbertisme traditionnel du XVIIème siècle.

Ce qu’expliquait récemment le maire de Sare, Jean Aniotzbehere : “lorsque je suis arrivé en 1977, le nationalisme était tabou. C’était, pour nous l’affaire de ces `sauvages d’EspagnolsŽ. Mais, petit à petit, par une information objective des événements, les gens ont évolué. AujourdŽhui, leurs enfants et petits enfants sont abertzale. Ma sympathie pour EAJ-PNB (Parti National Basque) est née de la permanence de sa politique pacifiste, de son ouverture à l’extérieur, de son intérêt à notre égard.”

La mairesse de St Pée-sur-Nivelle, Marie Christine Bessonart, s’est exprimée publiquement en des termes similaires. Le plus surprenant est l’attitude du président du Conseil Général des Pyrénées Atlantiques, Jean Jacques Lasserre. Après s’être présenté pour la première fois à la fête du dernier Herri Urrats, il a assuré dans son intervention publique que le futur passe par l’approfondissement des relations transfrontalières des deux côtés de la frontière. Certains diront que ces propositions politiques nous habituent à rechercher un certain appui électoral. Evident. Mais c’est là précisément que réside le grand changement. Le président du Conseil Général assiste pour la première fois, à une fête revendicative de l’euskara convaincu que cela est politiquement correct. Il s’agit de la rentabiliser pour leurs propres intérêts électoraux.

Dans ce contexte, l’opportunité de la plateforme Batera ne nous surprend pas. Intéresséé par l’obtention de 46 000 signatures (20% de la population du Pays Basque français et du Béarn) en appui des quatre revendications historiques : département basque, officialité de l’euskara, chambre d’agriculture basque et relation institutionnelle avec le Pays Basque Sud.

A tout cela, il faut rajouter que comme en 1979, le Royaume d’Espagne appartient déjà à l’Union Européenne depuis 1986. Cela signifie que les frontières ont disparu et que des deux côtés de la frontière, nous partageons la monnaie et le marché. Il est raisonnable d’affirmer que désormais, rien ne sera comme avant. Le seul problème est qu’entre temps, nous avons oublié d’apprendre le français

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